mercredi 11 mars 2009

COTE (COTE EXPLICITE)

La cote, ou cote explicite (on parlera de la cote implicite dans un autre article), est une notion fondamentale pour qui veut maîtriser un tant soit peu le hasard, c'est-à-dire jouer au poker. La cote se calcule en fonction de 3 questions :
- combien ? le prix que je dois payer
- pour combien ? combien puis-je obtenir
- quelles chances ? quelles sont mes chances de gagner


1 er exemple : on est au turn, vous avez 7-9 de coeur, le board donne 3-J-K-4 dont 2 coeurs. Vous pouvez légitimement rêver d'une couleur qui sortirait à la rivière. Le pot est de 400, votre adversaire mise 300. Vous avez toutes les raisons de penser qu'il a une paire supérieure au 9, ou 2 paires : seule une couleur vous ferait passer devant.
Combien ? 300
Pour combien ? 400 (pot) + 300 (votre adversaire) + 300 (vous, si vous décidez de suivre) = 1000
Quelles chances ? il y a en tout 14 coeurs dans le jeu, 2 sont dans le board, 2 chez vous, en restent 10 sur les 46 qui restent inconnues. Soit 1 chance sur 4,6 de gagner (22%).
Il vous faut donc payer 30% (300 pour 1000) de la somme à gagner alors que vous disposez de 22% de chances de gagner => vous n'avez pas la cote ! Si vous jouez 100 fois ce coup, vous perdrez de l'argent.
2ème exemple : la situation est la même que lors de l'exemple 1, mais votre adversaire relance de 50.
Combien ? 50
Pour combien ? 400 (pot) + 50 (votre adversaire) + 50 (vous, si vous décidez de suivre) = 500
Quelles chances ? 1 chance sur 4,6 de gagner (22%).
Il vous faut donc payer 10% (50 pour 500) de la somme à gagner alors que vous disposez de 22% de chances de gagner => vous avez pas la cote ! Si vous jouez 100 fois ce coup, vous gagnerez de l'argent.

ATTENTION : ne négligez pas dans vos calculs les chances (même si elles sont faibles) d'un full qui battrait votre couleur. Le calcul de cote ne vaut que s'il est net : si vos chances de gagner sont très proches du rapport entre le prix et la récompense, tout dépendra de la situation.
Le calcul de la cote est imparable en cash-game. Il est un peu moins prépondérant en tournoi : on peut saisir une chance d'éliminer un adversaire alors qu'on n'a pas la cote, on peut choisir de ne pas prendre de risques, ou au contraire d'en prendre, en fonction du moment...

SHOWDOWN EQUITY

A tout moment, dans un coup de poker, chaque main encore debout possède une showdown-equity, c'est-à-dire un pourcentage de chances de gagner le coup si celui-ci va jusqu'au bout avec toutes les mains encore présentes.
Un bon joueur de poker doit connaître, même approximativement, la valeur de sa main face aux mains que peuvent détenir ses adversaires, pour pouvoir calculer en connaissance de cause sa cote.
Il doit aussi maîtriser ses chances de gagner en fonction de la showdown-equity et de la fold-equity.

OVER-BET

L'overbet est un pari excédant la taille du pot. Par exemple, lors d'un coup, si 270 dollars composent le pot au flop et qu'un joueur relance de 350, on dit qu'il fait un overbet.
Ce type de mise est quasiment à proscrire : en effet, si vos adversaires n'ont pas touché de jeu, un bet de la taille du pot, voir un bet inférieur au pot (moitié, 2/3, 3/4), suffit à les écarter ; si, au contraire, l'un des joueurs a du jeu, vos pertes risquent d'être très importantes. Autrement dit, une relance supérieure au pot (hormis le tapis) est soit inutile, soit trop dépensière.

mercredi 25 février 2009

POT

Le pot est la somme de jetons en jeu à un moment donné de la partie. Avant de jouer, il se constitue de l'addition de la grosse et de la petite blindes, et s'enrichit des paris des joueurs.
Le pot doit être une référence constante : il convient de connaître la taille de celui-ci avant de prendre une décision de relance ou même de call. Il est ainsi absurde d'engager un pari sans commune mesure avec la somme à récolter éventuellement.

CHECK-RAISE

Le check-raise est une forme particulière du slow-play (SP), qui associe les qualités de maximisation du pot du SP tout en limitant les risques.

Exemple : au flop, vous touchez une main énorme, vous êtes certain d'avoir, à ce moment, une meilleure main que votre adversaire. Le pot est de 200. Premier de parole, vous checkez, votre adversaire parie 100, soit la moitié du pot. Et là, alors qu'il se demande si vous allez le suivre, vous sur-relancez (raise) à 500. Deux possibilités :
- votre adversaire est un bon joueur, il connaît cette technique, et n'a aucune raison de ne pas vous croire. Il abandonne sa main, et vous gagnez 100 de plus que si vous aviez relancé sans être suivi ;
- votre adversaire est un joueur plus ou moins faible (éventuellement un fish) ou a de bonnes raisons de ne pas vous croire (parce que ce n'est pas la première que vous lui faites le coup, par exemple). Il suit, voire même sur-relance, et vous allez alors disputer un pot énorme avec de très grandes chances de l'emporter, votre main étant largement favorite. Vous pouvez bien sûr perdre, comme dans un SP classique, mais sur le long terme, vous serez extrêmement rentable.

Les mêmes consignes de prudence que pour le SP sont à adopter, même si la sécurité de cette technique est plus grande, puisque vous donnez à votre adversaire l'occasion d'abandonner le coup.

SLOW-PLAY

Le jeu en slow-play est l'exact inverse du bluff. Quand le bluff consiste à faire croire que l'on a un excellent jeu alors que non, le slow-play consiste à faire croire que l'on n'a pas de jeu, alors que oui.
En ne misant pas, en se contentant de suivre timidement, alors qu'on a touché un jeu énorme, on induit chez l'adversaire une main plutôt faible, et ainsi on peut le pousser à attaquer, soit parce qu'il veut protéger une bonne, mais pas excellente main, soit parce qu'il pense pouvoir voler le coup. Ainsi, on préférera le slow-play pour faire grimper le pot sur un coup qu'on estime gagné, que des relances qui peuvent faire peur à ses adversaires et donc nous laisser avec un carré d'as et un pot misérable.

Attention, toutefois, si cette arme est extrêmement puissante et rentable sur le long terme, elle peut présenter certains dangers. Exemple : vous touchez 4-4, le flop donne 4-J-K. Nanti d'un brelan, vous décidez de slow-player : vous checkez, votre adversaire mise un peu, vous vous contentez de le suivre... Seulement, vous n'avez pas suffisamment porté attention au fait que le flop présente deux coeurs et donc un tirage couleur, et J et K et donc un tirage quinte pour une main adverse comme A-10, A-Q... En général, c'est là que les mauvaises surprises surviennent...
Enfin, méfiez-vous également d'un slow-play préflop. On peut avoir envie de dissimuler son enthousiasme avec une main de départ A-A. Suivre la grosse blinde peut être une option. Qui présente plusieurs inconvénients :
- si vous avez pris l'habitude de relancer à hauteur de 3 grosses blindes en entrant dans les coups, cette nouvelle attitude pourrait mettre la puce à l'oreille de vos adversaires et produire tout le contraire de l'effet désiré ;
- vous n'écartez pas des mains marginales qui pourraient bien vous surprendre avec 2 paires, une quinte basse, une couleur... Si A-A est une main extrêmement forte contre un seul joueur, elle l'est un peu moins face à deux adversaires, et carrément dangereuse à cinq ou six.

vendredi 20 février 2009

BLUFF

Parlez de poker à l'heure de l'apéro, vous verrez que le terme bluff reviendra invariablement. De tous les clichés sur le poker, c'est celui qui marque le plus les esprits : un bon joueur de poker sait bluffer, c'est-à-dire qu'il est capable de faire croire qu'il a un bon jeu, alors qu'il n'a rien ou peu, et de faire passer ses adversaires sur cette fausse présomption.
En réalité, le bluff pur n'existe pas au poker. Tout bluff s'inspire d'une situation de jeu, d'un plan mis au point plus ou moins à l'avance par le bluffeur. Et un bluff manqué coute extrêmement cher !

Pour tenter un bluff, il faut d'abord s'assurer que le "jeu en vaut la chandelle", c'est-à-dire que le pot disponible vaille le coût de risquer une grande quantité de jetons. Et tout le problème est là : plus le jeu en vaut la chandelle, plus votre adversaire s'attendra à une tentative de bluff.
Pour réussir un bluff, il faut, avant toute chose, être certain que votre adversaire est dans une situation où il peut abandonner le coup. Un adversaire ayant la meilleure main possible ne passera jamais ! De plus, un adversaire proche de se faire sortir, s'il a une main qu'il pense être la meilleure, prendra le risque d'être sorti du tournoi plutôt que celui d'être bluffé.
Ensuite, il convient de comprendre ce que vous représentez aux yeux de votre adversaire. Le cas typique du bluff réussi : vous n'avez rien, votre adversaire dispose d'une paire max, d'un brelan ou de deux paires avant la rivière, rivière qui donne un troisième coeur au board. Vous n'avez pas la couleur, mais vous allez jouer sur la psychose de la couleur que partagent tous les joueurs de poker. Si votre adversaire a peu relancé avant, il est fort probable qu'il croit à votre bluff.


Un bluff parfait dans les mouvements de jetons, mais qui a failli être lu, du fait d'une attitude corporelle "parlante".